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QVT pour toutes et tous !

Par - Le 14 juin 2018

QVT, qualité de vie au travail : voilà un acronyme qui n’a pas fini de faire parler de lui. On vous en parle souvent sur notre blog (par exemple ici pour vous en donner les origines et la définition.)

Mais il faut se rendre à l’évidence : bon nombre des initiatives QVT ne sont lancées qu’à l’adresse des cadres ou des professions dites de bureau.

Pourtant, les postes peu qualifiés sont eux aussi concernés par la QVT.

Cyconia vous explique ici pourquoi nous plaidons pour une QVT par et pour toutes et tous, partout.

 

Une QVT non inclusive n’en est pas une

 

Notre crédo est simple : pas de QVT sans équité.

La QVT doit rimer avec avec équité, pour que chacun puisse avoir droit à une réelle qualité de vie au travail. L’attention accordée à tous, quelle que soit sa catégorie socioprofessionnelle, est décisive.

Les professions peu ou pas qualifiées sont très souvent celles qui participent à créer la qualité de vie, qu’elle soit au travail ou ailleurs. Pas d’espace de travail propre et frais sans agent d’entretien. Pas d’esprit tranquille sans aide à domicile et aide ménagère. Pas d’entreprises qui avance sans fonctions supports comme les tâches administratives…

Paradoxalement, c’est ce type de métiers peu qualifiés ou précaires qui est particulièrement exposé aux conflits et aux risques psychosociaux (rps).

Un constat corroboré par l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des maladies professionnelles et des accidents du travail) dans une étude de la Dares (Ministère du travail)1 .

À profession identique, les salariés ayant eu des carrières précaires – déclassement, chômage de longue durée ou changements d’emploi fréquents – sont plus exposés aux risques psychosociaux que ceux qui ont bénéficié de carrières stables.

Par ailleurs, les entreprises elles-mêmes sont aussi impactées par le manque d’ambition en matière de QVT.

En 2007 déjà, l’INRS estimait à 830 millions d’euros le coût du stress pour les entreprises.2

Un chiffre qu’on peut facilement imaginer avoir augmenté, puisque le coût du mal-être au travail est estimé pour 2017 à 12 600 euros par salarié et par an3.

Nous le disions déjà en avril dernier : investir dans la QVT est un pari qui rapporte.

L’EU-Osha (Agence Européenne pour la sécurité et la santé au travail) a établi en effet qu’un euro investi en prévention sur la qualité de vie au travail et les risques psychosociaux pouvait rapporter jusqu’à 13 euros.

Malgré cela, d’après l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) « si les accidents du travail avec arrêt baissent globalement de 15,3 % entre 2001 et 2015, ils progressent pour les femmes. Sur cette période, [ils] ont augmenté de 28 % pour [celles-ci] »4

La question de la QVT est donc aussi la question de l’égalité homme/femme.

 

Une question d’égalité homme/femme

 

Mais plus que la loi, ce sont les faits qui prouvent que la QVT est éminemment une question d’égalité homme/femme.

Les femmes sont surreprésentées dans les professions incarnant les vertus « féminines » peu rémunérés (administration, santé, social, services à la personne…) et donc dans le bas de l’échelle des catégories socio-professionnelles.

 

Quelques chiffres pour mieux s’en rendre compte :

  • – 97 % des aides à domicile et des secrétaires, 90 % des aides-soignants, 73 % des employés administratifs de la fonction publique sont des femmes.
  • en 2016, 80,2% des travailleurs à temps partiel sont des femmes.  
  • – Les femmes représentent 77 % des employés, 51 % des professions intermédiaires, contre 16 % des chefs d’entreprise5.
  • – « double journée » pour les femmes en France : elles assument 75 % des tâches ménagères (Insee, 2012)

 

Pas étonnant donc que la tension au travail touche 1 femme sur 3, et 1 homme sur 5.

Au travail, les femmes ont donc particulièrement besoin de qualité de vie.

Un constat que Cyconia faisait déjà à l’occasion de la journée des droits des femmes : la QVT est un levier d’égalité professionnelle.

→ Outil juridique : la loi Rebsamen pose la négociation annuelle obligatoire sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail (L2242-17 du code du travail et suivants).

→ Outil digital : le digital contribue à réduire les inégalités hommes-femmes au travail :

Près de 60% d’entre elles sont certaines que le digital les aidera à progresser professionnellement, et 74% des femmes comme des hommes jugent que les technologies digitales facilitent leur vie professionnelle.6

Le rapport de la Commission des entreprises et du développement durable du Forum économique de Davos, estime d’ailleurs que les femmes pourraient contribuer à hauteur de 28 000 milliards de dollars au PIB mondial d’ici 2025.

L’équité est un principe clé de la QVT. C’est pourquoi elle doit présider tant dans l’entreprise qu’en dehors d’elle.

 

La QVT pour tous, mais aussi partout

 

« Un jour on ne dira plus pour quelle entreprise on travaille, mais dans quel immeuble on travaille »

Les salariés viennent désormais presque autant pour travailler que pour échanger. Ils y croisent des collaborateurs d’autres sites, des clients, des fournisseurs, des indépendants…

Le lieu de travail est un point de rencontre, un espace de vie dans lequel tout un écosystème évolue et consomme des services tout autant qu’il y travaille.

L’enjeu de la QVT est alors double et interdépendant.

 

→ Elle est un outil d’ancrage territorial d’une part.

Pour être efficiente, la QVT doit être bénéfique à l’ensemble des parties prenantes d’une entreprise, dont les acteurs économiques locaux. La QVT offre une réponse au besoin d’ancrage territorial d’une entreprise, c’est un levier d’équité territorial.

Côté entreprise, en accord avec les exigences RSE, il convient d’engager des relations basées sur la coopération et le respect avec les acteurs de son territoire. Le niveau de la qualité de vie au travail influe sur celui des échanges en interne. La valorisation des territoires permet donc de répondre aux besoins de toutes les parties prenantes : salariés, entreprise, fournisseurs etc…

C’est là par exemple que la prise en compte de la qualité de vie en entreprise dans l’immobilier d’entreprise prend alors tout son sens.

 

→ La QVT est un outil d’équité géographique d’autre part

Côté salariés, ils sont de plus en plus nombreux à connaître des déménagements ou des emplacements dans des zones périphériques.

Nous le disions déjà ici : « Le temps passé dans les trajets et les obligations professionnelles laissent peu de place aux multiples tâches personnelles indispensables du quotidien. La disparition des métiers de proximité complique encore plus la donne… »

L’emplacement de l’entreprise joue en effet un rôle déterminant dans la qualité de vie au travail.

En cela, le digital est un outil pertinent, car il permet la mise en relation avec les acteurs de la QVT sans contrainte de temps ni d’espace.

 

1 Santé travail : enjeux & actions, Dares, janvier 2018
2 Bejean et coll., 2007
3 Publication de l’étude sectorielle 2017 de l’Indice de Bien-Être au Travail, l’IBET©, groupe APICIL et le cabinet Mozart Consulting
4 Florence Chappert et Patricia Therry, « Photographie statistique des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles en France selon le sexe entre 2001 et 2015 », Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, Paris, mars 2017
5 Dares, d’après Insee, Observatoire des inégalités, 2011
6 Étude internationale Digital equality? Women in the digital revolution​, Roland Berger, La Journée de la Femme Digitale​, et Numa, 9 mars 2017

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